Moyens de protection
Depuis que l’homme a réalisé le danger que les requins représentent pour son espèce, il a cherché à s'en protéger. Depuis les années 60, les recherches en matière de système de protection contre les requins se sont accélérées, selon deux pôles : la protection individuelle et la protection collective.
-Une combinaison de néoprène composée d’écailles en matière plastique très résistante, se chevauchant comme celles des poissons, a été testée : elle s’est révélée efficace contre les morsures, mais elle réduisait considérablement la mobilité des plongeurs ;
-Une autre renforcée par des plaques de kevlar respectait la mobilité mais n’était pas assez résistante aux morsures des requins ;
-Enfin une combinaison inspirée de la cotte de mailles médiévale, alliant mobilité et protection, a été mise au point par l’Américain Jeremiah Sullivan, avec l’aide de Ron et Valerie Taylor. Cette « combinaison » considérée comme le seul équipement anti-requin pratique, a été baptisée Neptunic. Ce vêtement est composé de 400 000 anneaux entrelacés, fait d’acier inoxydable, empêchant les dents de requins de passer au travers tout en répartissant l’effet d’écrasement sur une surface plus importante. Il a démontré son efficacité vis-à-vis des principaux requins responsables d’attaques. (Cependant en cas d’agression par un spécimen de grande taille, les risques de fractures avec écrasements tissulaires et hémorragie interne demeurent présents) . |
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C’est l’un des système les plus utilisés par les chercheurs, cinéastes, photographes et plongeurs professionnels travaillant en zones à risque. Elle permet de traverser la surface de l’eau sans risque et confère un espace sous-marin doté d’une protection maximale contre toutes les espèces de requins, même les plus puissantes comme le grand requin blanc. |
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Ce système testé par l’ US Navy est composé d’un sac plastique surmonté par des anneaux gonflables. Peu encombrant plié, il peut faire parti d’un ensemble de survie. Une fois à l’intérieur du dispositif, les naufragés présentent une silhouette informe et n’émettent plus d’odeurs. |
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C’est l’US Navy qui, dès le début de la deuxième guerre mondiale, mena les principales recherches, aboutissant à la mise au point d’un dispositif appelé « shark chaser »(chasseur de requin). Il était constitué d’un container renfermant un mélange d’acetate de cuivre(substance dominante dans la chaire de requin avariée, considérée comme meilleur répulsif à l’époque) et de nigrosine(colorant noir destiné à former un voile opaque homogène dissimulant le naufragé). Ce dispositif a surtout permis de rassurer leurs utilisateurs pendant le conflit puisque les tests ultérieurs ont démontré une efficacité très limitée par les phénomènes de dilution du colorant dans l’eau et l’effet peu répulsif de l'acétate de cuivre pour certaines espèces de requins.
D’autres substances furent testées comme la strychnine, la nicotine et les cyanures, mais aucunes ne se sont révélées véritablement efficaces dans des conditionnements réduits pour naufragés.
Pour le Commandant Cousteau, les substances chimiques ayant un effet dissuasif sur les requins sont tellement caustiques, qu’elles seraient dangereuses pour tous les organismes y compris le corps humain
Ce système consiste en une cartouche située à l’extrémité d’une flèche (d’un fusil sous-marin, bien souvent) ou d’une tige métallique, et actionnée « à bout touchant ». Il est fatal à l’animal qui, même s’il n’est pas touché dans une région vitale, devient rapidement la victime de ces congénères est au moins assommé par l’onde de choc. Trés efficace, le lupara n’est, hélas, pas seulement utilisé comme moyen de défense… |
(Photo G. Gazzo, Réunion) |
Encore au stade expérimental, il n'est réellement efficace qu’en utilisation rapprochée par émission du produit directement dans la gueule de l’animal (Nelson D., Gruber S., 1995).
Une capsule est percée lors du choc, injectant dans le corps du requin son contenu en dioxyde de carbone, formant ainsi une bulle. Cette bulle entraîne une augmentation de la flottabilité faisant remonter l’animal à la surface et pouvant même, si la quantité de gaz injectée est importante, le mettre hors d’état de nuire par paralysie voire par expulsion de ses viscères par la gueule. Ces flèches ne sont efficaces que si elles sont tirées sur le flanc ou le ventre du squale.
N’agissant que par paralysie, il pourrait pourtant trouver son utilité dans la capture d’animaux vivants. Cependant son coût est élevé.
Non mortelle, elle ne fait qu’altérer la nage du requin permettant ainsi de détourner son attention du plongeur.
On peut s’en servir soit comme d’un simple débordoir en repoussant l’animal, sans appuyer sur la gâchette, soit en tirant, blessant ainsi le squale. Dans les deux cas, on parviendra la plupart du temps a décourager les requins de taille modérée.
Imaginé et utilisé par le Commandant Cousteau, cet outil est simple et efficace pour repousser les requins trop «curieux ». Il est constitué d’un bâton en bois ou d’un tube métallique de moins d’un mètre portant à sa base une dragonne assurant une bonne prise, et à l’autre extrémité un caoutchouc hérissé de petites pointes métalliques non vulnérantes mais antidérapantes. Peu encombrant, facile à manier et même à fabriquer, il est utilisé efficacement par de nombreux plongeurs. |
(Photo F. Combes, Polynésie) |
Le shark pod est une invention du Natal Shark Board. Cet appareil est un émetteur portable à batteries émettant un champ électrique pulsé. Les décharges sous cutanées dans les différentes fibres sensorielles de l’animal ont un effet confusionnel central, renforcé par des contractions spasmodiques des muscles métamériques. Cet ustensile se fixe sur les bouteilles du plongeur avec une diode partant de l’instrument pour se fixer sur l’un des pieds et une autre venant se loger sur l’épaule du plongeur avec le commutateur. Le champ électrique crée autour du plongeur une « bulle » de protection qui lui permet de se mouvoir en sécurité. Les expériences ont montré son efficacité tant par le maintein à distance des trois plus dangereuses espèces de requins(grand blanc, tigre, bouledogue) que par l’absence de danger pour l’homme et pour l’animal. C’est à l’heure actuelle la protection la plus prometteuse. |
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Ces méthodes ont été adoptées par l’Australie en 1937 puis par l’Afrique du Sud en 1952. Actuellement, l’Australie compte 49 plages équipées (Galles du Sud++), et l’Afrique Du Sud 44 plages sur 325 km de côte.
Le principe est que les mailles de ces filets sont de telle taille qu’ils laissent passer les petits spécimens et retiennent les plus grosses espèces.
La configuration des filets est différente selon les nations : par exemple en Afrique du Sud les filets ont une longueur de 107m et sont disposés derrière la ligne de vagues en deux rangées parallèles entre elles, et au rivage. Ils sont ancrés au fond et suspendus verticalement par des bouées. Leur hauteur est de 7m environ, et ils se superposent aux extrémités sur une vingtaine de mètres..
Les filets sont contrôlés une fois par jour (les prises vivantes en Afrique du Sud sont relâchées après mesures et marquages alors qu’en Australie elles sont tuées).
Les autres sites équipés sont la Floride et Hong Kong.
Malheureusement ces dispositifs présentent un certain nombre d’ inconvénients : l’impact environnemental (par la capture inévitable d’autres espèces de poissons, de mammifères marins et de tortues), la diminution de la population des squales et un coût important.
Cependant l’efficacité est indiscutable puisque :
-En Afrique du Sud le nombre d’accidents en zone protégée a été divisé par 20 de 1963 à 1983 (sans compter que ces accidents se sont produits lorsque les conditions météo rendaient les filets non fonctionnels ) ;
-En Australie entre 1936 (date de la mise en place des premiers filets) et 1994, la région de Sydney n’a connu que trois nouveaux cas, alors qu’auparavant une attaque survenait chaque année.
Sont également utilisé avec succès, en complément ou à la place de ces filets, deux types de lignes : les lignes disposées sur le fond de façon temporaire comme à Hawaï ou en surface à demeure (Drum Lines) comme en Australie. Elles présentent l’énorme avantage d’épargner les autres animaux (dauphins, tortues,…), ainsi que les requins inoffensifs. Le choix de l’appât, par sa nature et sa taille, permet la capture exclusive d’espèces de grande taille, potentiellement dangereuses.
Né en Australie en 1960, constitué d’un simple tuyau perforé et immergé, le rideau à bulles était censé créer une barrière infranchissable. Or les tests menés par Perry Gilbert ont mis en évidence l’inefficacité totale de ce dispositif.
Le principe consiste à protéger intégralement une baie par l’émission de sons répulsifs pour les requins. Malheureusement, des sons répulsifs dans certaines situations peuvent devenir attractifs dans d’autres. D’autre part le requin a la capacité de s’habituer à un stimulus négatif nouveau et ne le craint plus au bout de quelques temps. Selon certains études, les sons répulsifs devraient changer toutes les 30 heures. Un tel équipement paraissant trés intéressant au premier abord représente encore aujourd’hui un coût trop important.
Le principe consiste en un champ électrique puissant, entre des cables disposés de part et d’autre de la zone à protéger, créant une sorte d’écran électrique infranchissable par les requins. Le retentissement sur l’animal doit être une paralysie l’empêchant de remuer ses fentes branchiales et donc l’étouffement en quelques minutes. La trop bonne conductivité de l’eau interdit l’utilisation du courant continu et oblige l’emploi d’un courant pulsé, bien précis. Or celui-ci représente un coût très important et un risque de destruction des câbles par électrolyse, si le voltage est trop important. Depuis 20 ans, des études ont été menées en Afrique du Sud permettant finalement la mise au point de ce système. Malheureusement la construction et l’exploitation de ce dispositif sont encore à l’heure actuelle trop chères, si bien qu’il n’a jamais été mis en place.
C. CONCLUSION
Les différentes recherches, menées depuis plusieurs années dans le domaine des moyens de protection contre les attaques de requins, ont permis à un bon nombre de systèmes de voir le jour.
Seuls certains de ces systèmes sont applicables dans la pratique. Parmi ceux-ci on retiendra :
Les autres techniques se heurtent à une éfficacité discutable, à un coût trop important ou à un effet néfaste sur l’environnement aquatique.